Direkt zum Seiteninhalt

Text - franz - Ule Ewelt

 



Intention (de)

Mon travail porte sur la représentation des animaux. Leur vision suscite chez l’être humain, de manière intense, des images, des souvenirs, des émotions et des associations. Ils occupent une place essentielle dans toutes les mythologies. La relation étroite et contradictoire entre l’homme et l’animal remonte aux origines de l’humanité, car l’homme du Paléolithique ancien vivait dans un monde habité et façonné par les animaux. Ils étaient pour lui à la fois source de nourriture, concurrents alimentaires et menace.
Mon intérêt pour les représentations animales archaïques m’a conduite à approfondir cette thématique. J’ai fait de la relation homme–animal à l’époque des origines humaines le cœur de mon travail. J’éprouve une profonde admiration pour les artistes de la Préhistoire, capables de saisir l’essence intérieure des animaux dans leurs œuvres.
Le thème central de ma représentation animale est la capture d’un mouvement intérieur, d’un instant dynamique. Mon intention est de ramener le spectateur à l’époque de l’homme primitif, qui, mû par un élan intérieur, a créé des œuvres d’une force remarquable. Je souhaite que mes sculptures animales s’adressent au spectateur sur un plan émotionnel et instinctif et qu’elles établissent un pont vers l’inconscient, qui conserve les racines de nos origines. Dans ce monde caché, nous ne faisons qu’un.




 

Speech by Bernard David on the occasion of the exhibition at the Centre de la Céramique Contemporaine La Borne (de)

Marchant jusqu’à l’exposition d’Ule Ewelt, je me revois cheminer dans un étroit couloir de pierre, dans la grotte de Niaux en Ariège, où l’on peut encore voir les dessins originaux d’hommes préhistoriques.
 
Avec la majesté forestière en toile de fond, ces animaux installés en hauteur, comme sur les parois de pierre, nous ressentons l’omniprésence de la nature nous étreignant de sa force vitale.
 
Ce soir, nous sommes dans le creuset de nos origines. Le ventre des animaux palpite à l’unisson de nos respirations.
 
Nous sommes au seuil de l’émotion primitive, instinctive, où notre vie est sur le qui vive, pour rester en vie.
 
Ici les animaux ne sont ni gentils, ni agressifs, juste dans leur élan vital.
 
D’une gestualité presque sauvage, archaїque Ule Ewelt modèle les animaux d’avant la domestication. Elle en exprime toute leur quintessence.
 
Notre mémoire cellulaire est réveillée, ainsi que notre imaginaire où se mélangent souvenir, sentiment, projection intense sur les animaux.
 
Avant notre apparition, ils étaient déjà présents. Source d’alimentation, concurrents alimentaires, menace pour notre survie, nous sommes toujours, intimement liés à eux.
 
Depuis la nuit des temps, toutes les mythologies les représentent.
 
Le cœur de travail d’Ule vient de l’étude des représentations de l’art pariétal des grottes de Lascaux et de Chauvet.
 
Cet approfondissement de la relation Homme – Animal, elle le situe à la source de l’humanité. Il est évident, devant ce que nous voyons, qu’elle admire ces artistes de la préhistoire, qui simplement, en quelques traits d’ocre et de charbon de bois, ont saisi l’essence de vie de ces animaux. Et toi aussi, dans les formes et leur traitement, tu captes cet élan, ce «vib de la vie» cher au Poète Kenneth White.
 
Dans cette exposition, notre perception n’est ni intélectuelle, ni conceptuelle. Elle loge au fond des tripes, au noyau du viscéral.
 
Nous sommes presque dans le confort rustique d’une grotte. Nous pouvons imaginer les flammes d’un feu tisané, éclairant les causes animales sur l’écran de pierre.
 
Cette face vitale, cette face dynamique fait vaciller toutes nos sophistications technologiques et mentales.
 
Qu’entendons-nous ? Le bruissement du souffle, le tremblant banal, merveilleux de la respiration animale, donc de la nôtre. Bison, mammouth, ours, bouquetin, rhinocéros, nos parallèles de vie, à l’écoute du manche frémissement de l’herbe, d’un craquement de bois sec, hérissant les oreilles.
 
Nous percevons l’inquiétude la plus infime, au manche déplacement dans l’espace visuel ou olfactif ; nous percevons même le mouvement des nuages et des saisons. La terre, ce matériau fabuleux traduit parfaitement ce que tu veux faire passer. La terre respire à l’unisson de ces bêtes. Ce semblant de non-maîtrise, d’aléatoire, de pas bien fini peut surprendre.
 
Mais justement, cette addition d’imperfection nous permet d’accéder à ce vivant insaisissable, nous fait ressentir ce frisson d’exister, éprouver la morsure de l’hiver, l’intolérable chaleur, la manque de nourriture ou l’assouvissement après de la chasse.
 
Dans cette grotte contemporaine d’exposition ouverte sur la majesté forestière, nous vacillons, non pas devant la mort qui peut surgir d’un coup de griffe, de ou de corne; nous vacillons devant ce qu’il y a de plus précieux, cet élan vital, le souffle de vie.
 
Ule Ewelt révèle cet essentiel invisible. Lorsque dans l’art nous percevons cette essence, ce carburant de l’existence, quelle merveille.
 
Alors merci à toi de nous faire partager cela et d’avoir accepté notre invitation.

Bernard David April 2019





Zurück zum Seiteninhalt